L’historique

L’idée du projet a germé fin 2009 suite à différents temps d’échanges avec des personnes sans-abri autour de la question de leurs besoins et des dispositifs de prise en charge existant sur Marseille.

Les personnes ainsi rencontrées ont très rapidement pointé du doigt la contrainte majeure que représente le fait de devoir garder avec elles chaque jour leurs bagages et effets personnels.

» Je ne peux pas me déplacer  »

» Je prends du retard dans mes démarches administratives «

» On m’a proposé d’aller au théâtre mais je ne peux pas laisser mes affaires «

» Quand je marche avec mes affaires ou quand je prends le métro, je vois que les gens me regardent, je me sens mal «

Le projet de bagagerie était lancé !

Contrairement aux idées reçues, les personnes sans-abri possèdent des effets personnels qui peuvent avoir une valeur monétaire ou pas, mais qui quoi qu’il en soit, ont une valeur à leurs yeux. Elles sont constamment en tension entre la nécessité de garder ces bagages en sécurité avec elles et la volonté d’aller et venir comme tout un chacun.

Qu’il s’agisse de structures d’accueil dédiées aux personnes sans-abri, dont l’accessibilité à des consignes (lorsqu’elles existent) reste très limitée où encore de structures marchandes de type sncf ou box qui sont très coûteuses, les solutions institutionnelles existantes sont peu satisfaisantes.

Reste alors la débrouille, cacher ses sacs dans un buisson sans savoir si on le retrouvera le soir ou laisser ses couvertures chez un commerçant, souvent de manière temporaire.

Il y a donc un réel enjeu à pouvoir permettre à toute personne qui le souhaite de déposer ses affaires en sécurité. Il s’agit ainsi de lui rendre sa mobilité, sa liberté et de lutter contre une certaine forme de stigmatisation qui peut s’avérer très humiliante pour qui la subit.

La méthodologie

La première étape du projet a été de recevoir la parole des personnes sans-abri rencontrées et de la prendre en compte. Une fois le besoin identifié, il s’est agit d’aller le confronter sur le terrain auprès de structures d’accueil intervenant auprès de ce public. Qu’en pensaient les acteurs opérationnels ? Avaient-ils la même analyse ? Une fois le besoin validé par ces différentes structures, nous avons choisi de constituer un comité de pilotage autour de ce projet de création de bagagerie.

Un comité de pilotage pourquoi faire ?

Au travers de la mise en place de ce comité de pilotage nous recherchions :

L’ouverture et l’enrichissement du projet : enrichir le projet du croisement des expériences et des pratiques de chaque structure, le nourrir de ces différents points de vue.
La crédibilité du projet : de manière indéniable, le projet aura plus de poids auprès des différentes institutions et financeurs en étant porté collectivement plutôt que de manière isolée.
Quel rôle pour le comité de pilotage ?

Le comité de pilotage ainsi mis en place aura pour fonction principale de préfigurer la future bagagerie, de réfléchir aux modalités de fonctionnement et aux différents partenariats opérationnels à mettre en œuvre. L’association ESP’errance se chargeant du montage technique et financier du projet.